Le Sous-marin nucléaire Lanceur d’Engins

SNLE : 14 000 tonnes – 138 mètres – 16 missiles – 2 équipages de 111 marins qui alternent à bord

Nous vous proposons de découvrir dans cette rubrique, les principaux types de navires en service dans la Marine nationale et les missions qui leur sont confiées.

Rappelons que celles-ci leur sont fixées par le pouvoir politique, qui a aussi la responsabilité de leur fournir les moyens nécessaires pour les accomplir…

Nous avons délibérément choisi de traiter le sujet d’une façon que nous souhaitons compréhensible par tous. Cela implique évidemment des simplifications et un usage aussi réduit que possible de termes techniques.

Le SNLE (Sous-marin nucléaire Lanceur d’Engins) : vecteur-clé de la dissuasion

La dissuasion consiste à garantir à tout Etat qui envisagerait une attaque d’importance du territoire français, une riposte tellement dévastatrice pour lui, qu’elle doit le conduire à renoncer à son projet. Le concept est, malheureusement, inopérant dans le cas d’agressions de basse intensité, telles que le terrorisme islamique.

Marine nationale - Tir d'un M51

Marine nationale – Tir d’un M51

Le missile de représailles français est le M51. C’est une fusée balistique (1) à 3 étages à poudre, de 12 m de haut, 2,30 m diamètre et qui pèse 54 tonnes. A son sommet, une capsule emporte de 4 à 6 têtes nucléaires (le chiffre est évidemment secret) d’une puissance unitaire de l’ordre de 100 KT (celle de la bombe d’Hiroshima était de 15 KT). La capsule revient dans l’atmosphère après avoir atteint une altitude d’environ 1 000 km et elle s’ouvre pour libérer les têtes nucléaires dont les trajectoires deviennent ensuite indépendantes, ce qui permet de viser des objectifs différents.

La portée du M51 est de l’ordre de 9 000 km ; il est capable d’atteindre tous les points de la terre si l’on choisit judicieusement le point de lancement. Sa précision est de 3 à 400 m. La riposte dissuasive serait constituée par une salve de 16 missiles (équivalant à environ 640 bombes d’Hiroshima).

Marine nationale - Portée d'un M51

Portée d’un M51

Pour la rendre invulnérable, la base de lancement des missiles de représailles est située hors du territoire national et soigneusement dissimulée : c’est le SNLE qui se cache au sein des océans, sous 3 à 400 m d’eau, et s’y déplace lentement.

La permanence à la mer d’au moins un de ces sous-marins, a été assurée sans discontinuer depuis janvier 1972. Ainsi pendant que vous lisez ces quelques lignes, un SNLE est en patrouille.

Leur durée est de l’ordre de 70 jours, au cours desquels ses communications sont limitées à la réception des messages venus de la terre, pour assurer une parfaite discrétion. Bien évidemment, le sous-marin reste relié en permanence, par des moyens sécurisés et redondants, avec le Président de la République, seul décideur possible du tir « retour » (ordonné grâce à la fameuse « mallette »).

SNLE : 14 000 tonnes – 138 mètres – 16 missiles – 2 équipages de 111 marins qui alternent à bord

SNLE : 14 000 tonnes – 138 mètres – 16 missiles – 2 équipages de 111 marins qui alternent à bord

La Marine dispose de 4 SNLE récents : le Terrible, le Triomphant, le Téméraire, le Vigilant, qui sont basés à Brest. C’est le strict minimum pour pouvoir assurer la permanence des patrouilles.

Le SNLE et son système d’armes sont la « machine » la plus complexe jamais réalisée par l’homme. Quatre nations seulement en maîtrisent la « fabrication » : USA, Russie, Chine et France (les Anglais ont recours à un système d’armes américain, le Trident). Le parc actuel des SNLE est le suivant : USA 14 – Russie 13 – Chine 4 – France 4 – UK 4.

Il devient de plus en plus probable que les progrès fulgurants de la détection sous-marine, menaceront à terme l’invulnérabilité des SNLE.

(1) Un missile balistique fonctionne, après qu’il a reçu sa forte impulsion initiale, en faisant appel à la pesanteur. On pourrait le comparer au ballon de football, lancé par un fort coup de pied et qui va tomber sous l’effet de son poids, à l’endroit précis du terrain que le joueur a choisi d’atteindre !

Article réalisé par le Capitaine de Vaisseau honoraire, Jean-Marie PUJO.

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